samedi 3 mai 2014

Au coeur du pays inca


Le 20 avril, nous prenons le bus de nuit pour Cusco ! 
Le Grand condor restera à Nazca dans le parking de "la Maison suisse" pour quelques jours, histoire de nous offrir de vraies vacances sans conduite et sans stress ! 
Nous séjournons chez notre couchsurfeuse Tiffany, une américaine passionnée d'escalade et de montagne qui nous héberge dans sa sympathique guest house. 
Vous trouverez tous les détails pratiques dans notre page Bivouacs.
Cusco est tout d'abord une grande ville à 3416 mètres d'altitude avec beaucoup de caractère : tous les toits et les murs des habitations sont de la même couleur brique, il y a plein de petites rues pavées étroites et de petites places sympas. Nous adorons déambuler dans les ruelles ou nous asseoir sur les bancs pour écouter battre le coeur de la ville.



En langue Quechua, Cusco signifie "nombril du monde" et c'est incontestablement la ville la plus belle du Pérou, le fleuron de l'architecture inca, la capitale archéologique du continent sud américain !
De ce fait, Cusco est évidemment une ville très touristique. 
Les ruelles adjacentes à la Plaza de Armas regorgent de magasins d'artisanat extrêmement colorés et de petits restaurants. 

Sur cette place centrale et sa magnifique cathédrale, nous sommes constamment harcelés par les vendeurs de bracelets, bonnets ou pulls faits à la main ou encore par des femmes en tenue traditionnelle accompagnées de lamas qui nous vendent leur image pour quelques pesos.


Si les conquistadors espagnols ont détruit la plupart des solides fondations incas pour construire leurs églises, un site relativement bien conservé subsiste dans les hauteurs de la ville. Il s'agit de Saqsayhuaman (honteusement mais drôlement simplifié par les touristes sous le nom de Sexy Woman). Première surprise nous y découvrons un troupeau de lamas, mais attention : "Quand lama fâché, lui toujours faire ainsi !" Vidéo !


Nous y passons un après-midi très agréable à admirer l'architecture imposante des murs scellés d'immenses pierres taillées . . . ou à profiter des toboggans naturels creusés dans la roche !


Si nous gardons un merveilleux souvenir de notre séjour à Cusco, nous regrettons cependant que toutes les excursions de la Vallée Sacrée soient si chères et que tous ces sites archéologiques se soient transformés en usine à touristes.

Enfin, Cusco est surtout le point de départ pour le Machu Picchu. Sur les conseils avisés d'Expédition5, nous partons avec une petite agence qui s'occupe de tout. 
Comme c'est agréable de se laisser guider !
Le 23 avril, un mini bus nous conduit jusqu'à Hydroelectrica et nous continuons à pied le long de la voie ferrée sur les traces de Hiram Bingham, jeune archéologue américain qui a redécouvert la cité perdue des Incas en 1911. 


Nous progressons au milieu d'une végétation luxuriante et réalisons que nous sommes bel et bien dans les contreforts de l'Amazonie.
Alors que nous levons les yeux vers les montagnes, nous apercevons le coeur battant les ruines du Machu Picchu et de minuscules silhouettes. 
Nous comprenons que nous sommes effectivement en train de faire le tour du mythique Wayna Pichu, le long de la rivière sacrée des Incas, le Rio Urubamba !
Demain, nous serons perchées là-haut nous aussi !


Tout à notre excitation, nous interprétons chaque aspérité de la roche comme un mystérieux signe inca :


Nous arrivons au village de Aguas Calientes de nuit après environ 3 heures de marche, guidés par les lucioles. 
Le village ressemble à une station touristique des Alpes : c'est une succession de restaurants très animés où la population est plutôt jeune et cosmopolite. 
La locomotive du train le plus cher du monde s'y gare en pleine place centrale : nous sommes ravis d'avoir préféré marcher car les enfants ont été super endurants.

Le lendemain le 24 avril, nous partons pour le Machu Picchu assez tôt car nous avons rendez-vous avec notre guide sur le site. 
Quelle déception ! Des hordes de touristes errent déjà entre les ruines encore enveloppées de brume matinale. Il fait si nuageux que nous n'apercevons pas les montagnes qui ceinturent le site inca ! Nous écoutons sagement les informations du guide le coeur serré, alors que le soleil ne semble pas vouloir s'imposer...



On nous explique par exemple comment fonctionnait le système d'irrigation des Incas et nous marchons sur les terrasses jadis consacrées à l'agriculture.

L'adduction en eau potable pour tout le village fonctionne encore de nos jours ! 

Au coeur de la cité, le Temple du Soleil (comme dans Tintin !) retient notre attention : les fenêtres sont orientées pour accueillir les rayons du soleil lors des solstices du 21 juin et du 21 décembre. 


L'observatoire astronomique au sommet de la cité est de toute beauté et le cadran solaire Intiwatana fait encore aujourd'hui  l'objet de toutes les vénérations mystiques au Dieu soleil "Inti" car c'est le seul qui ait été épargné par les Espagnols (et pour cause, ils ne l'ont jamais trouvé !).


Nous sommes fascinés par l'ingéniosité des architectes incas et par toutes les questions restées sans réponse encore aujourd'hui : pourquoi avoir construit la cité du Machu Picchu ? Pourquoi l'avoir abandonnée en moins d'un siècle ? Où a disparu le peuple Inca qui vivait là ?

Après deux heures de guide, nous sommes livrés à nous mêmes au milieu des ruines et en visitons les moindres recoins.

Incroyable ! Nous croisons encore comme par hasard nos amis Cyril, Estelle et leurs petites filles qui, comme nous, se dirigent vers le Pont de L'Inca ! 
Il faut émarger à l'aller et au retour car le chemin à flanc de montagne est extrêmement périlleux. 
Quant au pont, il est définitivement fermé depuis la chute de touristes maladroits. 
Nous avons juste le temps de prendre une photo avec les amis avant de les laisser repartir vers Aguas Calientes. 
Nous n'aurons pas l'occasion de boire un verre ensemble cette fois-ci !
Une pluie fine mouille nos vestes et les vieilles pierres de Machu Picchu, mais pas le sac étanche de Delphée (merci les grand-parents)
Nous nous installons sur l'une des terrasses pour attendre une éclaircie improbable mais tellement espérée.


En milieu d'après-midi, tous les groupes de touristes rentrent prendre le train pour Cusco et nous avons le site rien que pour nous ! 
Soudain, c'est un miracle, les nuages s'évaporent et révèlent sur quel site naturel exceptionnel est bâtie cette cité : une véritable arrête montagneuse entourée de gorges abruptes. Nous nous empressons de faire quelques photos "carte postale" sous un soleil de plus en plus radieux, avec nos médaillons d'Esteban et Zia (merci encore à Katia / Pierre et Coralie / David).


Devant la beauté des ruines encerclées de montagnes, nous comprenons enfin pourquoi ce lieu est si magique ! 
L'émotion est à son comble et Séverine éclate en sanglot sous les regards attendris des enfants. 
Comme pour les lignes de Nasca, cela faisait 30 ans qu'elle attendait de se trouver au coeur du pays inca, sur le mythique Machu Picchu ! 
Nous restons de longues minutes à nous gorger de soleil et tentons d'imprimer dans nos pupilles et notre mémoire toute la beauté de cette mystérieuse cité d'or.


En toute fin de journée, de façon étonnante, un lama prend la pose sur un promontoire face à la cité. C'est sublime ! 
La lumière devient plus orangée et les ruines prennent une teinte dorée du plus bel effet. Mais c'est déjà l'heure de rentrer vers le village.  Les guides usent de leur sifflet pour regrouper les quelques touristes éparpillés dans les ruines. Nous devons quitter à regret ce lieu magique et les larmes coulent encore sur les joues de Sève et de Renaud. Toute cette route et tous ces efforts pour atteindre ce site mythique ! Nous ne voulons pas partir ! ! ! 
Nous prenons à contre coeur le chemin du retour, dévalant les marches à toute allure pour rejoindre Aguas Calientes et y passer notre deuxième et dernière nuit.

Toujours sur son promontoire, le lama propriétaire des lieux, nous a fait ses adieux.




En Bonus  pour les connaisseurs :
"Le seizième siècle : des quatre coins de l'Europe, de gigantesques voiliers partent à la conquête du Nouveau Monde. 
A bord de ces navires, des hommes avides de rêves, d'aventure et d'espace, à la recherche de la fortune.  
Qui n'a jamais rêvé de ces mondes souterrains, de ces mers lointaines peuplées de légendes ou d'une richesse soudaine qui se conquerrait au détour d'un chemin de la Cordillère des Andes ? 
Qui n'a jamais souhaité voir le soleil souverain guider ses pas, au coeur du pays inca, vers la richesse et l'histoire des merveilleuses cités d'or ? "

8 commentaires:

  1. Alors là, c'est le rêve pur ! J'avais pris la sage précaution de me racheter un exemplaire du Temple du Soleil (les 7 boules de Cristal n'avait pas été gribouillé – par un certain Renaud ! – et était encore convenable). Nous avions revu tous les CD des Cités d'Or et repéré sur Disney Channel la série Kusco (avec un "k"), dessin animé complètement farfelu mais très beau techniquement (tout le contraire des vétustes Ciré d'Or). Mais j'avoue que ces photos font rêver... Superbe (bien fait pour le malin Mahé qui voulait tirer la bourre d'une pauvre bête, gnégnégné, moi c'était au zoo de Montpellier : j'avais donné des carottes au bestiau, et pffffouf, j'ai été tout rouge l'instant d'après !) .

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    1. C'était le zoo de Fréjus...

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  2. Ah, ah ah ah ah, Esteban, Zia, Tao les Cités d'Or-or, ah, ah ah ah ah, Esteban, Zia, Tao les Cités d'OR ! Trop beau, photos sublimes qui font rêver, et avec les médaillons ça le fait trop !!!
    Mahé a eu chaud, la prochaine fois il va se retrouver tout mouillé !!! A moins que ce ne soit Delphée qui aille taquiner le lama.... Bisous à vous 4 !

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  3. Pauvre Mahé qui n'a pas relu son "Tintin"!
    J'attendais beaucoup de votre page "Machu": Elle est plus émouvante et intense que prévu! que d'émotions ressenties, même pour le lecteur:
    Les amis Cyril et Estelle en (divine) surprise; Les nuages qui jouent les diva, et qui ne s'ouvrent rien que pour vous; Une chanson douce pour clore 30 ans d'attente...
    Que de bonheurs!
    Merci de nous faire partager toutes ces émotions.
    On vous aime.

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  4. Face à de tels endroits, beaucoup de questions restent en suspens. Pourquoi ces constructions dans ce lieu retiré et pas facile d'accès ?C'était évidemment pour se cacher mais de qui ? Pourquoi avoir tout abandonné après de si difficiles travaux.! Je suppose que des tas de chercheurs essaient toujours d'élucider" ce problème."
    Il y a sur terre des tas de gens intelligents,astucieux,ingénieux mais pour concevoir un tel village ,il faut en plus être mégalo. Sans un grain de folie on
    ne fait rien de dément. Il ne faut pas être "normal" pour imaginer un village à cet endroit. c'est un projet aussi fou que la construction des
    Pyramides en Egypte. Comment ont fait ces mégalos pour entraîner dans leurs délires des tas de gens ?(il doit y avoir un rapport avec la religion et ils ont
    dû leur faire croire que ce travail leur ouvrirait les portes du Paradis)?
    J'ai adoré la vidéo de Mahé. Chaque fois que je clique dessus, j'éclate de rire.Notre chéri qui voulait un ami a été bien mal récompensé avec ce lama.
    Je vois que les enfants n'ont pas résisté à l'achat d'une petite" laine". Cela leur va très bien.
    Merci pour les beaux paysages mais j'adore aussi les photos de vous tous. Je vous trouve photogéniques et détendus. Je vous embrasse ....N@ni

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  5. Salut les zincas,

    Cuzco, Saqsayhuaman... Que de souvenirs ! GE-NIAL ! J'en vibre avec vous ! Et bravo pour les magnifiques photos. Ca fait plaisir de vous voir. Pas trop le mal des hauteurs ?

    Maïa envoie son bonjour à Mahé et Delphée. Bon voyage et beaucoup de bonheur à vous.

    Bises, Pascal; Isabelle, Maïa et Paul

    Ps: J'avais beaucoup aimé Huaraz mais je ne sais pas si c'est fun pour les enfants (surtout escalade et rando en haute altitude mais quels panoramas !) ainsi que le passage dans la jungle du côté d'Iquitos. Disfruten !

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  6. Salut les amis,
    On apprécie toujours autant de vous lire et voir comment vous vivez les mêmes aventures que nous, mais à votre manière.
    Nous visitons les mêmes pays, réalisons les mêmes excursions et pourtant en parcourant votre blog, nous avons l'impression de voir des choses tellement différentes.
    Et bien nous voilà, à Iguazu. Au camping Paudimar... sirotant une caipirinha au bord de la piscine, il ne manque que vous. snif !!!
    Effectivement nous avons fait un sacré bon en avant, la date de notre départ approche à grands pas. J'ai bien peur qu'Estelle n'ait eu raison lors de note dernière rencontre au Machu Picchu... nous nous sommes vus pour la dernière fois en Am Sud. Si vous ne venez pas en Asie, nous rajouterons peut-être la Réunion à notre parcours !!!
    Si vous bivouaquez en face de la fameuse boulangerie Potosonienne, passez le bonjour à Juan, Monica, Javier et Juan Jr.
    Et, un conseil pour le salar, si ce n'est pas trop tard : en arrivant, pas la peine de faire la fumigation tout de suite, en revanche au retour c'est indispensable (lavage + fumigada = 80 bols).
    On vous embrasse tous les 4 très fort.
    Cyril, Estelle, Malia et Julie

    PS : pronostic, une finale remake de 1998, et la France bat le Brésil 3-0 au Maracana

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  7. Salut les Zincas!!
    Super photos... Merci de nous faire profiter de ces merveilles...
    Bisous de nous 4...

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