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mardi 15 avril 2014

Dans le désert d'Atacama


Du 4 au 6 avril, nous suivons la panaméricaine le long du littoral chilien. Les paysages sont plutôt monotones, désertiques et vides. Nous faisons de courtes haltes dans des villes côtières pour bivouaquer. A chaque fois, nous arrivons en fin d'après-midi et profitons tout de même d'une jolie lumière. La plage de sable blanc de Bahia Inglesa et ses eaux turquoises sont par exemple une heureuse surprise. 


En revanche, l'agitation et la saleté d'Antofagasta nous donnent envie de fuir bien vite !
Le 7 avril, nous empruntons la ruta 25 puis la 23 pour San Pedro de Atacama. C'est la Ruta del Desierto ou tout n'est que désert et désolation ! 


Alors qu'à Santiago la capitale, l'entreprise Lipigaz avait évoqué des protocoles drastiques pour ne pas remplir notre bouteille de gaz argentine pour cause de valve différente, la succursale de la même Lipigaz à Calama nous la remplit sans problème ! Le contrôle interne ne doit pas être très rigoureux, mais nous, ça nous arrange pour se doucher chaud et faire cuire la soupe !

Nous arrivons en fin d'après-midi sur San Pedro de Atacama. Notre Grand Condor a gravi le col de plus de 3400 mètres de la Cordillera de la Paciencia !
Notre arrivée sur San Pedro est magnifique, c'est une immense cuvette où les eaux d'écoulement des Andes ont accumulé des dizaines et des dizaines de mètres de sel. Nous sommes époustouflés par les formations rocheuses de couleur rose orangé : c'est de l'argile que le vent et la pluie ont façonné au fil des siècles et qui, avec la lumière du soleil couchant, prend des teintes spectaculaires.


Nous garons notre camping-car sur le parking municipal et déambulons dans le village.

Les maisons et les bâtiments de San Pedro sont en adobe (briques d'argile cuites au soleil). 

La place centrale ombragée se trouve tout près d'une petite église dont le toit est fabriqué à partir de cactus. 

Que de délicatesse humaine dans cette environnement si hostile !


La rue principale est une succession de boutiques de souvenirs, d'agences de voyage et de restaurants. Le village de San Pedro est bien sûr très touristique mais reste charmant car le centre n'est pas accessible aux voitures, tout se fait à pied ou en vélo. Il y règne une certaine nonchalance fort agréable !
Nous retrouvons avec beaucoup de joie nos amis Cyril et Estelle en début de soirée et les suivons pour un premier bivouac au sud de San Pedro. Nos deux camping-cars se garent sur un ancien salar ou poussent, comme un miracle, quelques arbres épineux. Devant nous se dresse la cordillère des Andes et ses multiples volcans dont certains sommets sont enneigés. Nous arrivons juste à temps : les derniers rayons de soleil éclairent la chaine volcanique dominée par le magnifique Licancabur 5900 mètres, c'est magique ! 


Nous accrochons quelques ballons multicolores au camping-car et ouvrons une bouteille de champagne chilien pour célébrer l'anniversaire de Renaud. 
Estelle prépare même un gâteau au chocolat avec les ingrédients prévus par Séverine, pour qu'il puisse souffler ses 42 bougies ! 
Que c'est bon d'être entre amis dans un désert ! Car Cyril et Estelle sont devenus des amis avec qui l'on peut partager nos anecdotes de voyage mais aussi nos soucis et nos doutes. Que cela fait du bien de parler, seules des familles voyageant en camping-car comme nous peuvent comprendre ce que nous vivons depuis plusieurs mois !


Le lendemain, nous choisissons de nous initier au sandboard dans les dunes de sable de la Valle de la Muerte. 
Nous partons avec l'agence Atacama Inca Tour que tient Marion, une jeune Française qui s'est installée ici depuis peu. 
Le minibus nous conduit dans un paysage surréaliste de couleur rouge, on se croirait sur Mars ! 
Nous ne sommes pas déçus de la prestation de l'agence : pendant près de 2 heures, nous montons et descendons la dune avec nos planches sous un soleil de plomb ! 


Toute la famille s'éclate et Reno s'autorise même un mini tremplin. Après tous ces efforts, on nous conduit au mirador qui domine la Valle de la Luna pour un apéro convivial au coucher du soleil. La vue est vertigineuse ! 


Le 8 avril, nous décidons de nous rafraichir dans les eaux ultra salées de la Laguna Cejar qui se trouve à quelques kilomètres plus au sud. Le soleil est encore haut dans le ciel et nous sommes les seuls à nous aventurer sur la lagune. Renaud est le premier à se lancer dans l'eau ! Il est bientôt suivi par Mahé qui pique un véritable fou rire à flotter ainsi ! 



Delphée et Séverine se joignent rapidement aux baigneurs, improvisant un ballet aquatique à la surface de l'eau.
Nous quittons la lagune et nous empressons de rincer à l'eau douce nos corps et nos maillots tout blancs de sel. L'air est si sec à San Pedro que chaque respiration brule les narines et gerce les lèvres. Vive le Labello !


Le 9 avril, direction le Salar de Atacama et la Laguna Chaxa en compagnie de Cyril et Estelle.
Le salar est situé à une altitude de 2300 mètres et a une superficie de 320 000 hectares. Il est composé de mottes de sel séché avec de la terre sablonneuse amenée par le vent. C'est l'un des plus grands gisements de lithium du monde.
La lagune Chaxa est nichée au creux du Salar. Elle est le lieu de prédilection et de nidification de trois espèces de flamands roses (des Andes, du Chili et de James) que nous avons la chance d'admirer de très près. 
Un flamand nous offre un étrange ballet, tournoyant sur lui-même le bec planté dans la vase. Nous sommes subjugués par l'élégance de cet oiseau aux pattes si fines !



Un peu plus loin sur la lagune, d'autres flamands fouillent la vase au milieu de petits volatiles pendant que quelques lézards intrépides courent sur le Salar, cherchant un abri dans les cavités de sel séché. 
Mais comment font ils pour vivre dans un environnement aussi salé ? Toute la chaine alimentaire est basée sur ces petites crevettes capables de se reproduire dans ces eaux. Admirez la photo de l'accouplement en macro...

Au coucher du soleil, la lagune et le Salar prennent des teintes époustouflantes !


Après le sunset, les minibus de touristes quittent les lieux et le Salar de Atacama est enfin rien qu'à nous.
Nous sortons le BBQ et les tables de pique-nique sous les étoiles. Jamais un feu n'aura brillé avec autant d'audace en ce lieu !
Instants exceptionnels de communion avec la beauté du nouveau monde.

Cyril nous apprend à faire des photos amusantes avec une simple lampe torche.
On s'amuse comme des fous au milieu de la nuit, adultes comme enfants, pour notre dernière soirée en commun.


Le 10 avril, nous quittons avec émotion Cyril, Estelle et leurs filles. Peut-être nos chemins se croiseront-ils à nouveau au Pérou ou en Bolivie ?

mardi 8 avril 2014

Longue pause autour de Santiago


Le 20 mars nous descendons vers la côte Pacifique par la Panaméricaine puis sortons à Parral. 

C'est par la très belle route de Cauquenes dans les forêts de conifères que nous atteignons Curanipe et goutons l'eau salée sur la plage de sable noir. 
C'est un petit village de pêcheurs désert car nous sommes hors saison. 
A l'entrée du port une croix et une statue de Saint Pierre protègent les bateaux de pêche des tsunamis et des tremblements de terre fréquents dans la région. 

Curanipe est également un spot de surf avec une jolie gauche mais la houle n'est pas au rendez vous ce jour-là, alors nous nous contentons de contempler des algues bien étranges et notre premier coucher de soleil sur l'Océan !


Le lendemain le 21 mars, nous filons vers les vignobles de la vallée de Santa Cruz, réputés dans tout le pays. 
Nous optons pour la bodega Viu Manent qui propose un tour en calèche dans les vignes en plus de la visite des caves et de la dégustation. 


Séverine est dans son élément et met un point d'honneur à ne pas recracher une seule goutte dans le petit seau de dégustation !
Nous goûtons 5 vins au total : blanc, cabernets sauvignon, malbec et carménère. Un délice !


Nous profitons d'être dans la région de Santa Cruz pour aller dormir chez Jimena, la tante de Kim que nous avions rencontrée à Punta Arenas.
Elle nous accueille dans son immense jardin où nous cueillons raisins, abricots et amandes. 
Elle vient de s'installer à la campagne après toute une vie passée à Santiago, quel changement !


Le 22 mars, nous faisons à nouveau route vers le Pacifique. Renaud trépigne à l'idée de surfer Punta Lobos sur les conseils d'Anne Gaëlle. C'est une belle gauche le long d'une falaise ornée de cactus. Il enfile son épaisse combi et se lance à l'assaut des vagues tandis que les enfants jouent sur le sable gris de la plage.
Interview :
"La mise à l'eau est compliquée et il y a du courant. Le premier canard me congèle le crâne, l'eau du Pacifique est vraiment glacée, j'aurai du mettre ma cagoule ! Je n'ai pas de chance la houle est trop faible, le pic à coté des rochers aux pellicans ne marche pas, je me rabats dans la baie. Heureusement Mahé lui fait des exploits en se baignant en… lycra ! "

Le lendemain, nous allons à Matanzas, autre spot de surf réputé. 
Encore une fois, la houle est trop faible et seuls les longboards ou les paddles peuvent se mettre à l'eau. 
En tout cas, la plage est superbe, tout comme notre bivouac sur le parking des surfeurs face à l'océan. 

Le 24 mars, nous empruntons la Ruta 5 qui nous mène à Santiago en fin de journée. Que de voitures ! Que de monde ! Le rythme trépidant de la ville nous assaille aussitôt, nous n'étions plus habitués à une telle agitation.
Du 24 au 30 mars, nous faisons une pause fort relaxante chez Florence et Marco.
Florence est une grande amie d' Anne-Gaelle qui a grandi à la Réunion. 

Son mari Marco est d'origine italienne, ils ont trois garçons et une immense villa dans les hauteurs de Santiago.  
Angelo (12 ans), Vincenzo (9 ans) et Gaetano (6 ans) parlent quatre langues !

Nous laissons donc quelques jours notre Grand Condor au parking et profitons de la générosité de nos hôtes et de leurs deux chambres d'amis. 

Les enfants se défoulent sur le trampoline ou dans la piscine, font de la Xbox ou des batailles de Nerf déchainées ! 


Nous allons entre mecs au salon aéronautique de Santiago admirer des démonstrations de voltiges et voir l'Airbus A380 ! 

Une amitié forte lie immédiatement les 5 marmailles, Delphée et Mahé sont si heureux de retrouver des copains qui parlent français ! 


Pour compléter leur bonheur, nous recevons chez Florence deux colis de livres (et de friandises) de la part des Grand-parents, merci beaucoup à eux !!!


Nous profitons quant à nous de la vie cosmopolite de Santiago. 
Nous bavardons en Anglais et en Espagnol au cours d'une soirée très animée chez d'autres expats et apprécions la convivialité d'un BBQ chez Florence et Marco. 
Que ça fait du bien de retrouver une vie sociale ! 
Les longues conversations entre adultes pendant les repas sont vraiment très enrichissantes.

Le 31 mars, nous quittons la petite famille multilingue mais restons sur Santiago, afin d'y rencontrer David d'expédition 5 dont nous suivons depuis plusieurs mois les aventures sur son blog www.expedition5.com. Son voyage en camping-car se termine à Santiago au terme de deux ans de route. C'est un grand honneur de faire sa connaissance, dommage que sa femme Orlane et ses trois enfants soient déjà rentrés en France !


Avec lui nous rencontrons Roby, un Canadien qui se trouve à Santiago pour y vendre également son camping car.  Par le plus grand des hasards, nous sommes bientôt rejoints par un couple de voyageurs au long court Eric et Catherine www.apreslafrique.e-monsite.com. 
Nous nous retrouvons finalement à quatre véhicules dans un super bivouac étonnamment calme au coeur de la ville, au pied du Cerro San Cristobal et de la grande tour de Santiago, la plus haute d'Amérique du sud. 


Le 1 avril, nous grimpons au sommet du Cerro avec David et Roby pour y contempler la capitale embrumée par le Smog. 


Nous sommes si bien avec ces voyageurs d'exception que nous restons au final trois nuits au bivouac, à partager avec eux les bons plans ou les anecdotes de route autour de bières bien fraiches et de repas animés !
 Les enfants profitent des espaces engazonnés et de cette deuxième pause pour jouer, travailler, fabriquer des bracelets ou lire…. Au delà de tous ses conseils de mécanique, de bivouacs et de route, David nous tuyaute aussi sur le Geocaching une jeu extraordinaire pour les enfants sur internet. Plus de détails sur la page de Delphée !!!

Le 3 avril, nous décidons finalement de quitter Santiago. Mais suite au gros tremblement de terre de la veille, nous apprenons que beaucoup de routes et de ponts sont coupés au nord du pays. Il y a également une pénurie d'essence et de denrées alimentaires. De plus, des petites répliques continuent de secouer la cote. Est-il bien raisonnable de bivouaquer sur le littoral et de vouloir surfer ?  


Nous hésitons à changer d'itinéraire et à revenir sur l'Argentine. Mais après tout ce temps passé dans les Andes, nous avons envie d'océan ! Nous maintenons donc notre cap initial et prenons la Ruta 5 vers le littoral chilien.  Le paysage est désertique, il n'y a que des cactus de style mexicain et des petites touffes d'herbes jaunes. Quelques kilomètres un peu avant La Serena, nous découvrons une jolie plage de sable blanc. Encore une fois, le Pacifique est trop pacifique et Renaud ne peut pas surfer !


Notre Grand Condor est en pleine forme : nous avons profité de notre étape sur Santiago pour changer le circuit des freins par précaution et avons enfin déniché le porte-chaussures qu'il nous fallait !


Notre prochain objectif : retrouver nos amis Cyril et Estelle en début de semaine prochaine et passer quelques jours en leur compagnie à San Pedro de Atacama : le désert le plus sec du monde !